Histoire

 arton137    Jean Rodhain, Fondateur des Cités du Secours Catholique

Né le 29 janvier 1900, Jean Rodhain, prêtre catholique français, fut premier Secrétaire général du Secours Catholique. Avec pour projet de « rendre au monde son âme : une âme de charité », il instaura une pédagogie révolutionnaire à l’époque qui vise à faire passer la charité par un accompagnement réel vers la réinsertion sociale et le relogement, et non par des dons et un assistanat des personnes nécessiteuses.

C’est dans cette optique qu’il ouvrit, en 1954, deux premières Cités : la Cité Myriam, à Montreuil-sous-bois, qui hébergera les Nord-Africains ; la Cité Notre Dame, à Paris, qui accueillera les sans-abris. Au fil des années, d’autres Cités furent créées pour répondre à des besoins sociaux spécifiques.

Souhaitant regrouper ses Ă©tablissements fonctionnant avec des financements publics dans une association distincte, le Conseil d’Administration du Secours Catholique crĂ©a, le 1er janvier 1989, l’Association des CitĂ©s du Secours Catholique (ACSC) – association qu’il continue Ă  soutenir aujourd’hui -.

En 1995, l’ACSC fusionna avec l’EHPT (Entraide aux Handicapés Physiques par le Travail) intégrant alors de nouveaux établissements :

> L’Atelier d’Aubervilliers (Entreprise AdaptĂ©e pour adultes handicapĂ©s lĂ©gers moteurs et/ou mentaux) – ouvert en 1958 ;
> Le Domaine de Pescheray (Établissement d’Aide par le Travail pour adultes handicapĂ©s mentaux) – crĂ©Ă© en 1968 ;
> Le Foyer Jean Rodhain (Foyer de Vie pour adultes hommes handicapĂ©s mentaux sĂ©vères et mixte depuis fĂ©vrier 2002) – ouvert en 1975.

Par la suite, l’ACSC poursuit son évolution en s’adaptant soit à un besoin identifié par rapport au public à accueillir et repéré au sein de l’association, soit à la demande d’autorités administratives, ou en faisant un lien avec une délégation du Secours Catholique.

Son évolution actuelle dépend pour une bonne part de la création de nouveaux établissements ou dispositifs en priorité dans les régions où l’association est déjà présente, mais également sur de nouveaux territoires (région PACA, Languedoc-Roussillon, Nord-Pas-de-Calais, etc.) au sein de deux secteurs prioritaires : le Handicap adulte et le Logement.

Les publics prioritaires de l’ACSC sont les enfants et adolescents en grande difficulté, les personnes en situation de handicap, les grands exclus vieillissants, les personnes atteintes de troubles psychiatriques.

Les fondements historiques

Au cours de l’hiver 1954, le Secours Catholique ouvrit une « Cité d’urgence », installée sous des tentes, pour accueillir et nourrir des personnes sans-logis. À la fin de cet hiver, la décision fut prise de créer un véritable établissement pour les « hommes à la rue », ce sera la Cité Notre Dame à Paris. À la même époque, la Cité Myriam ouvrit ses portes à Montreuil pour accueillir des travailleurs migrants, en difficulté de logement à leur arrivée en France.

De nombreuses autres « Cités » ont été créées par la suite. Elles sont conçues comme des réponses nouvelles, des initiatives-pilotes, « des prototypes », pour reprendre l’expression de Jean Rodhain. Chacune d’elles illustre des aspects particuliers de la pauvreté et de la précarité. Elle témoigne des engagements de l’association, tant de ses professionnels que de ses bénévoles, et de la reconnaissance par les pouvoirs publics. Cette reconnaissance, à la fois juridique et financière, est d’abord politique pour la qualité du travail engagé.

Avec la crĂ©ation en 1989 de l’« Association des CitĂ©s du Secours Catholique » (ACSC), le Secours Catholique dote les CitĂ©s d’une autonomie de gestion mieux adaptĂ©e Ă  leur financement public et au statut professionnel de leurs intervenants, tout en veillant Ă  associer des bĂ©nĂ©voles dans l’accueil des personnes.

Depuis, l’ACSC inscrit son action en lien Ă©troit avec le Secours Catholique d’une part. De l’autre, elle dĂ©veloppe ses activitĂ©s en coopĂ©ration avec les collectivitĂ©s publiques en proposant des rĂ©ponses aux nouveaux besoins sociaux ou en reprenant la gestion de structures associatives existantes.

L’intégration en 1995 de l’association Entraide aux Personnes Handicapées par le Travail, issue elle-même du Secours Catholique, apporte alors à l’ACSC sa composante médico-sociale. Puis, en 2006, l’ACSC ouvre un Centre Éducatif Fermé, expérimentant ainsi un troisième secteur d’activité et s’ouvrant à un nouveau groupe de personnes requérant un accompagnement très spécifique, les jeunes face à la justice.

L’ACSC compte actuellement 19 Cités, réparties sur 3 territoires : l’Île-de-France, le Sud et le Centre-Ouest. Ils représentent plus de 98 dispositifs et une capacité globale de 6 254 places.

Les interventions de l’ACSC, s’appuyant sur le savoir-faire de professionnels et sur un rĂ©seau de nombreux partenaires, concernent  l’accompagnement des personnes en situation d’exclusion et de handicap, dans les domaines de l’hĂ©bergement et du logement, de la santĂ©, de la justice, de l’insertion professionnelle et de la formation, de la parentalitĂ© et de la vie citoyenne.

Le terme « Cité », choisi pour désigner un établissement pouvant regrouper plusieurs structures et dispositifs d’action sociale, a été conservé comme qualifiant les valeurs que les responsables et les équipes souhaitent mettre en œuvre.

C’est dans la Cité qu’on devient citoyen et qu’on manifeste avec justesse la volonté de vivre ensemble.